Pourquoi et comment choisir votre positon de méditation ?

meditation demi lotus

D’abord, pourquoi devriez-vous choisir une position pour méditer ?

Ben ouais, pourquoi perdre son temps avec ca ?

Vous entendez et vous lisez partout que la méditation, c’est facile. Pas besoin de technique. Il suffit de s’y mettre.

Les magasines et les sites internet vous répètent sans arrêt que vous pouvez méditer ou vous voulez. C’est génial avec la méditation, on peut méditer dans les transports en commun, dans la salle d’attente du médecin, à la plage, etc…

Alors pas besoin de faire des nœuds avec ses jambes comme le font les moines zen. Non, merci, très peu pour moi.

Pourtant, très peu de personnes parviennent à méditer correctement. Pourquoi est-ce si dur de méditer n’importe où et n’importe quand dans la journée.

Malgré toutes les recommandations et vos efforts, si vous n’y arrivez pas, si vous ne trouvez pas la paix intérieure, ni le calme dans votre vie, c’est qu’il y a une bonne raison à ça !

Sachez que c’est normal car vous devez clarifier vos objectifs.

On a beau vous répéter « Méditez et le bonheur viendra frapper à votre porte ! ». Ça ne marche pas comme ça !

Comment clarifier vos objectifs ?

Les effets de la méditation ne sont plus à démontrer :

  • amélioration du système immunitaire et de la santé
  • diminution du stress
  • diminution de l’anxiété
  • diminution de la colère
  • diminution de la dépression
  • aide à la prise de décision
  • augmentation de la créativité
  • augmentation de la confiance en soi
  • augmentation de l’estime de soi
  • amélioration du caractère et de l’égalité d’humeur

Toutefois, les raisons de méditer peuvent variées d’une personne à l’autre.

On s’y met généralement pour se relaxer et combattre le stress.

Quelques soient vos intentions (toutes les raisons de méditer sont bonnes), il est important de les clarifier et de vous fixer des objectifs. Votre expérience de la méditation sera très différente selon que vous souhaitez simplement vous relaxer ou que vous recherchez la libération intérieure.

Pour rappel : la libération intérieur ou transformation intérieure, c’est retrouver son état naturel, sa vraie nature, s’ouvrir à la vie, être dans la joie de vivre. Ca ne vous évite pas les douleurs ni les galères mais permet de les accepter et de les gérer beaucoup plus facilement. Ce n’est pas le sujet principal, alors poursuivons.

De simples méditations guidées sur YouTube parviendront facilement à vous relaxer. C’est déjà ça mais pour un temps limité.

Sans être pessimiste mais plutôt réaliste, on sait par expérience que les ennuis ou les conflits ne sont jamais loin.

Plus vous êtes relaxé, (relâché en fait) et plus les tensions ou les conflits sont violents. Rien à voir avec les effets recherchés de la méditation.

Pour maîtriser votre comportement et vos réactions aussi bien que Bruce Lee, il faudra passer à l’étape supérieur.

Si vos enfants ou votre conjoint mettent vos nerfs à rude épreuves, si vous avez envie d’envoyer balader vos collègues ou votre chef et si la vue de la file d’attente interminable du supermarché vous plombe le moral, alors, la méditation guidée de dix minutes que vous avez fait la semaine dernière ne vous sera d’aucun secours.

Ce n’est pas ce que vous souhaitiez entendre, j’en suis désolé mais c’est la réalité !

La méditation a beau être « facile », il est primordial d’établir rapidement les bases d’une bonne pratique. Avant de pouvoir méditer dans un manège à la foire du trône, il va falloir passer par une période d’entrainement indispensable.

Heureusement, une discipline de fer n’est pas nécessaire pour pratiquer la méditation mais ça vous aidera beaucoup d’adopter une bonne posture, surtout si vous êtes débutant .

L’idée n’est pas de devenir dépendant d’une position particulière. La méditation doit conduire à la liberté, pas à une dépendance supplémentaire.

Par contre, ancrer votre pratique dans une position de base vous permettra ensuite de méditer n’importe où et n’importe quand.

Adopter une position dés le départ vous donne un point d’ancrage dont votre corps et votre esprit s’imprègnent. Certains appellent ça la mémoire du corps. Aussitôt que vous prenez votre posture, votre corps et votre esprit s’en souviennent. Ils se placent rapidement et plus facilement dans un état méditatif.

C’est ce même état méditatif qui vous permettra de garder votre sang-froid dans des situations difficiles.

En plus, vous n’aurez aucun mal à vous ménager un espace de méditation dans les transports en commun ou à la plage.

A partir de la, vous enclenchez le processus subtil mais bien réel de la libération intérieure. Il vous faudra encore de la patience mais vous aurez posé le fondement de votre réussite.

Une position bien ancrée dynamise le processus et vous aide à pratiquer la méditation de manière plus efficace.

Voila pourquoi il est très important d’adopter dés le début votre position de méditation.

De plus, vous verrez qu’une fois adoptée. c’est très agréable et très confortable de s’y glisser…

Découvrons maintenant les différentes positions que vous pourrez choisir.

La posture ou position de méditation

La pratique de la méditation se fait généralement assis sur un coussin rond appelé zafu dans le Zen.

J’ai découvert qu’il en existe maintenant des carrés, d’autres en forme de demi-lune et de toutes les couleurs.

Vous pouvez aussi trouver des sièges bas avec dossier et accoudoir. Je n’ai jamais essayé. Ça peut être une bonne idée si c’est confortable et n’empêche pas de respecter les quelques consignes décrites plus loin.

Le coussin de méditation ou zafu se pose sur un tapis que l’on appelle zafuton ou zabuton. Ce tapis sert de coussin pour les genoux et les chevilles.

Ça rend la posture un peu plus confortable, surtout quand on débute la pratique.

Maintenant, faisons connaissance avec les différentes postures pour trouver la vôtre.

Sur une chaise ou sur le sol ?

C’est possible de méditer assis sur un simple tapis posé sur le sol sans avoir recours à un coussin placé sous les fesses. Mais cela demande une grande souplesse.

Comme je l’ai précisé plus haut, les pratiquants s’assoient généralement sur un coussin rond que l’on appelle zafu. Que ce soit un véritable zafu, un coussin ordinaire ou une couverture pliée, une épaisseur de 15 à 20 cm placée sous les fesses est une aide incontestable pour nous autres Occidentaux. Avec des modes vie différents, nous n’avons généralement pas autant de souplesse que les Orientaux dans les hanches, le bassin et le dos.

Si vous ne pouvez pas du tout vous asseoir sur le sol, asseyez-vous sur une chaise. Dans ce cas, posez un coussin ou une couverture pliée sur votre assise. Veillez toujours à ce que votre bassin soit de 15 à 20 cm plus haut que vos genoux.

Dans tous les cas, sur le sol, sur une chaise avec ou sans coussin, Il faut que le bassin soit plus haut de 15 à 20 cm que les genoux.

Ainsi, le bassin est placé dans une juste inclinaison qui permet à la colonne vertébrale de trouver plus aisément son axe vertical.

La position du corps

1 – La position des jambes

Il existe différentes positions des jambes pour méditer dont voici les 6 principales :

  • le lotus
  • le demi-lotus
  • les jambes croisées (façon birmane)
  • Seiza avec un coussin/couverture
  • Seiza avec un banc de méditation
  • Assis sur une chaise
– la position du lotus

Traditionnellement, pour méditer, on s’assoit en lotus, c’est-à-dire jambes croisées, le pied gauche placé sur la cuisse droite et le pied droit sur la cuisse gauche.

Si vous n’y arrivez pas, ce n’est pas grave et soyez rassuré car très peu d’Occidentaux sont capables de faire cette posture et encore moins de la tenir. Surtout au début de la pratique.

– la position du demi-lotus

Moins difficile que la position du lotus, le demi-lotus consiste à placer un pied contre le coussin et l’autre sur la cuisse opposée.

Si vous souhaitez prendre cette posture, posez comme vous le souhaitez, le pied droit sur la jambe gauche ou l’inverse.

– La position en tailleur

Il suffit simplement de croiser les jambes devant soi. Cette posture est aussi appelée « façon Birmane ».

Il vous suffit de croiser les jambes en laissant les deux pieds au sol.

– La position dites Seiza

Le principe est de simplement s’asseoir sur ses talons, le dessus des pieds en contact avec le sol, les genoux eux aussi au sol.

Il est conseillé de pratiquer cette posture sur un coussin épais comme le zafu ou sur un banc de méditation afin d’alléger le poids du corps sur les pieds. En allégeant le poids du corps, vous tiendrez plus longtemps. C’est aussi plus confortable au début de la pratique.

Si vous pratiquez sur un banc de méditation, vous pouvez également ajouter une petite couverture ou un coussin sous les fesses pour plus de confort.

– Méditer sur une chaise

Vous pouvez aussi bien méditer sur le bord de votre lit, dans un fauteuil ou sur votre canapé.

Dans ces cas la, respectez ces consignes pour avoir une bonne tenue.

Positionnez le bassin plus haut de 15 à 20 cm que les genoux.

Si vous vous enfoncez dans votre siège improvisé, asseyez-vous sur une chaise classique.

Les pieds sont bien à plat sur le sol et écartés de la largeur du bassin.

Ne vous appuyez pas sur le dossier afin de garder le dos droit.

Toutes ces postures sont bonnes !

Il n’y a pas de « meilleure » posture.

Ce qui importe c’est l’attention et l’attitude que vous adoptez dans votre pratique.

Faites de votre mieux !

Essayez, et faites au mieux de vos possibilités. Vous trouverez naturellement la posture qui vous convient le mieux. Celle ou vous êtes le plus à l’aise et que vous pouvez tenir longtemps, que ce soit sur une chaise, un coussin ou sur un banc.

Vous n’avez pas besoin de faire des exploits en forçant sur vos membres pour tenter de réaliser la position que vous avez vu dans les magasines.

Sachez malgré tout que pratiquement tout le monde avec assez de patience et de persévérance peut arriver à s’asseoir correctement sur un zafu dans une position avec les genoux au sol et les jambes croisées dans une des positions que l’on vient de voir.

Il est possible de s’entraîner dans la position du lotus ou du demi lotus en faisant des exercices appropriés.

Commencez doucement et plus tard, vous pourrez faire des exercices d’assouplissement et d’étirement, éventuellement du yoga ou du taï chi, si vous souhaitez faire le demi lotus ou encore le lotus complet.

Que vous soyez sportif ou non, réaliser régulièrement des exercices d’étirement ne peut que vous faire du bien.

Il est important de bien s’étirer et de réaliser régulièrement des exercices d’assouplissement. Cela permet aux muscles de notre corps de conserver souplesse, tonicité et élasticité.

Quand j’ai commencé la méditation, j’étais un vrai bout de bois. Aucune souplesse ! Même en tailleur, façon Birmane, j’avais des difficultés. En parallèle à ma pratique de la méditation, j’ai fait des exercices d’étirement et de souplesse qui peuvent ressembler à du yoga sans en être vraiment.

Et c’est seulement au bout de 3 ou 4 mois que j’ai pu faire le demi-lotus. Je me suis arrêté à ce stade car même si j’arrive à faire le lotus complet, cette position n’est pas assez confortable pour moi.

Par ailleurs, beaucoup de pratiquants ne prennent jamais la posture du lotus complet, ni même celle du demi-lotus.

Leur pratique n’en est nullement amoindrie.

Il est possible que vous vous fatiguiez vite dans votre posture les premiers temps. Mais avec l’entraînement, l’habitude viendra et vous trouverez alors dans cette posture un confort et un bien-être incomparables.

2 – La position du dos

Quelle que soit la manière dont vous décidez de vous asseoir, le point essentiel est la rectitude du dos.

La colonne vertébrale doit être dans son axe vertical avec la tête érigée vers le haut, comme si vous voulez gagner quelques centimètres de hauteur avec la tête.

Ceci se fait en étirant la nuque et en rapprochant le menton très légèrement de la poitrine. Imaginez que vous poussez le ciel avec le haut du crâne.

Pour trouver votre verticalité, balancez-vous très légèrement de gauche à droite puis d’avant en arrière, vous devriez sentir votre axe vertical et ensuite le conserver.

Souvenez-vous du culbuto, ce jouet avec une base arrondie qui se redresse toujours et revient à la verticale en oscillant quand il est bousculé.

Pensez à relâcher et à détendre vos épaules si nécessaire.

3 – La position des mains, de la bouche et des yeux

De façon traditionnelle, les mains sont réunies. La main droite est posée, paume en l’air sur la cuisse droite, la main gauche est posée dans la main droite. Les pouces se rejoignent et se touchent légèrement. Ils ne doivent être ni rentrés, signe de relâchement ou d’endormissement, ni être tendus vers le haut, signe de tensions inutiles. Gardez-les à l’horizontal.

Plus simplement, posez les mains sur les cuisses ou les genoux, soit à plat, soit les paumes tournées vers le ciel. Vous pourrez varier par la suite.

La position des mains et des doigts s’appelle mudra. Parfois appelé le yoga des doigts.

Par exemple, les mains posées sur les cuisses, les paumes tournées vers le ciel, faites toucher votre pouce et votre index. C’est un des mudras les plus connus en méditation. C’est le mudra de la concentration.

Il en existe plusieurs mais pour débuter, contentez-vous d’une position des mains qui reste simple.

La bouche doit être fermée et les dents jointes sans crispation. La langue vient contre le palais et le bout de la langue est posé contre les dents du haut.

Les yeux restent juste un peu entrouverts, le regard tombant naturellement sur le sol devant soi à environ 1m. Ou bien, fermez les yeux complètement selon votre confort personnel.

Le visage est détendu et neutre.

Entrainez-vous !

Commencez par vous entraîner à vous asseoir de la manière qui vous semble la plus confortable. Une fois que vous avez commencé dans une posture, n’en changez pas immédiatement. Vous pourrez le faire par la suite.

Pour favoriser la mémoire du corps, c’est important de ne pas changer de posture trop fréquemment.

Par exemple, si vous commencez assis sur une chaise, vous pourrez essayer sur le sol plus tard.

Si vous arrivez à vous asseoir sur un coussin les jambes en tailleur ou en demi-lotus ou bien en lotus complet, c’est parfait.

Si vous êtes mieux installé sur une chaise, pratiquez comme cela pour le moment. Mais en parallèle vous pouvez vous exercez à croiser les jambes.

Pour cela, profitez de différentes occasions. Quand vous regardez la tv dans votre canapé ou votre sofa. En jouant par terre avec vos enfants. Entre amis, assis sur le sol près d’une table basse. Quand vous faites une pause dans un parc, etc…

Expérimentez

Prenez le temps de vous asseoir en croisant les jambes. Gardez la pose quelques minutes sans que cela soit douloureux mais en ressentant un peu de tension. C’est le signe que les muscles et les tendons s’assouplissent.

Au début, placez simplement vos jambes l’une contre l’autre façon Birmane, croisées en tailleur et au fur et à mesure, faites « monter » votre pied le long de votre cuisse. Le droit ou le gauche, cela n’a aucune importance mais il y en a forcément un ou vous serez plus à l’aise.

Rappelez-vous que cela peut prendre des semaines, voire des mois pour habituer vos membres en fonction de votre souplesse actuelle.

Bien heureusement, rien ne vous oblige à faire cet exercice. L’idée est de tester. Si cela vous convient, persévérez sinon laissez tomber, il n’y a aucun problème avec ça.

Il vous revient d’améliorer votre position pour au final conserver une posture dans laquelle vous êtes à l’aise et que vous pourrez pratiquer pour longtemps. Pour toute la vie peut être. Ce que je vous souhaite au passage.

Il faut aussi savoir qu’aucune des positions que vous choisirez ne sera parfaitement confortable au début. Méditer est un entrainement de l’esprit et vous allez commencer à le comprendre, c’est avant tout un entrainement du corps.

Prendre votre posture revient à vous asseoir avec la stabilité d’une montagne et la fraîcheur d’une fleur !

Pour mettre en pratique ce que vous venez de lire, entraînez-vous avec « Mon instant méditation » (cliquez sur le lien ou ici !)